Qui est Dhirendra Bramachari ?

Il ya une personne qui l’a rencontré et pratiqué en sa présence : André Van Lysebeth

Je vous retranscris un article complet paru dans le magasin YOGA n°33 d’avril 1966

 

Qui est Dhirendra Bramachari 

En Occident nous imaginons volontiers que le yoga est très répandu en Inde et en chaque indien nous croyons reconnaître un yogi. En réalité, ils sont rarissime et se réfugie dans des endroits inaccessibles de l’Himalaya ou de la jungle. La grande masse indienne, bien que manifestant un grand respect est une vénération pour les yogi, ce désintéresse de la pratique du yoga, ce qu’exprime Jaiprakash Narayan dans les phrases quelque peu désabusé qui suivent : « il est très regrettable que cette ancienne science indienne du yoga est disparu de la scène de l’Inde. Nous sommes tous attirés par l’Occident, sa culture, son système éducatif, sa science médicale, sa technique, etc. Que nous avons rejeté notre inestimable héritage. Cela afflige ceux qui connaissent bien la science iodique et ils se sentent coupé de leur peuple. C’est pour cela que je ressens un grand bonheur à découvrir que quelques yogi sont revenus vivre parmi nous et ont entamé l’important travail de répondre cette science divine comme c’est le cas au Vishwayatan Ashram . » 

 Dhirendra Bramachari est un de ceux la !

Qui est Dhirendra Bramachari 

Des son enfance, Swami Dhirendra Bramachari fut attiré par le yoga et dès qu’il en eu l’occasion, il parti à travers L’Inde à la recherche des yogi dans les jungle et les montagnes, dans les villes saintes et les ashram, sans oublier les lieux de pèlerinage ou se rassemblent les yogis . 

Lorsqu’il connaissait le lieu de séjour d’un yogi, il s’y rendait pour pratiquer et compléter ses connaissances. Lorsqu’il rencontra le grand maitre disparu Maharshi Kartikeya, il devient son disciple est avec lui, fit de très substantiels progrès dans le yoga.

Le Maharshi  ainsi qu’un autre grand yogi Shri Hadyia baba, lui apportèrent la connaissance des techniques correctes du yoga telles qu’elles se transmettent de maitre à disciple depuis les temps pré védique. C’est à l’ashram de Gopalkhera, fondé par Maharshi Kartikeya à 20 km de Lucknow, qu’il séjourna le plus longtemps et dans une caverne, qu’il accéda au plus haut faire du yoga. 

Après que son maître eut quitté le plan de la manifestation terrestre, il se mit à diffuser les techniques du yoga par des conférences et démonstration à Lucknow, Faizabad, Jammu, Delhi, ainsi qu’a Calcutta où ces démonstrations eurent le plus de retentissement public.

Swami Dhirendra Bramachari entra à Delhi pour fonder le Vishwayatan Yogashram ou de nombreux adeptes de tout rang ont bénéficié de son enseignement. Parmi eux plusieurs ministres et membres du parlement indien. Le président Jawaharlal Nehru, non seulement s’intéressait personnellement aux techniques yogiques, mais c’est sur son influence et grâce a son appui direct que les activités du Vishwayatan Yogashram s’etendirent et qu’il  pu toucher un public très large en ouvrant des centres à Calcutta, bombay, Lucknow, Faizabad, Akola et Jaipur, sans oublier l’ashram déjà mentionné de la nouvelle Delhi . Sous le patronage du gouvernement indien, il a créé un centre de formation et d’entraînement de moniteurs . 

Le Vishwayatan Yogashram a été fondée dans le but d’assurer le développement physique, mental et spirituel de la société humaine.

Le Maharshi constatant la décadence de la santé de la population indienne décida d’apporter son message à tous. Bien que les anciens textes proclame : « l’enseignement du yoga est un grand secret il doit rester secret. Il ne peut être révélée à n’importe qui ».

Le Maharshi croyait fermement que L’Humanité toute entière mérite de connaître le yoga, quoi que cette révélation doivent se faire progressivement et que les secrets ne doivent être communiqués qu’au fur et à mesure des progrès et des besoins des adeptes. 

J’ai eu le privilège d’être reçu personnellement par Swami Dhirendra Bramachari  et de recevoir son enseignement dans les circonstances suivantes. 

Nous sommes en 1963. Pendant que le chauffeur Sikh , enturbanné,  barbu et souriant comme tous ces coreligionnaires, conduit sa voiture, toutes les vitres baissées, dans la fournaise nommé Delhit, je regarde les avenues qui défilent, toutes pareilles.

Les arbres qui déborde sont comme autant de sentinelle planté devant les bungalows noyé dans la verdure est posé sur les pelouses qu’un anglais ne renierai pas. J’écoute, d’une oreille un peu sceptique je l’avoue, mon ami Saberwal vanter les mérites du grand yogi que je suis censé rencontrer d’ici quelques minutes à son ashram de la Jantar Mantar Road . 

Oui, je suis sceptique, car tant d’autres avant lui m’ont promis de me conduire vers quelques grands sages, pour apprendre, arriver sur place, qu’il est mort depuis des années ou qu’il a déménagé. Ou bien ai-je trouvé quelques pseudos yogi, voir même un requin tel ce monsieur Suris dont les connaissances en fait de yoga était tout ce qu’il y a de plus limité et qu’il n’hésita pas, froidement, ce que j’aurais cependant dû apprécier par 36° à l’ombre, à me réclamer 15 $ l’heure . 

Je suis surtout sceptique, parce que les yogi authentiques sont rares, qu’ils fuient la civilisation pour se réfugier dans les forêts et Jungles ou dans l’Himalaya, il serait étonnant d’en trouver un en plein capital. Et cependant, contre toute attente, c’est un très grand yogi que je vais rencontrer.

Un virage. Les pneus Crissent et la voiture pénètre dans une propriété identique aux autres. J’ai eu le temps d’apercevoir à l’entrée un panneau indiquant que nous entrions dans le Vishwayatan Yogashram .

La voiture stoppe devant le bungalow sympathique peint en blanc. Un jeune Swami nous introduit dans le salon de réception il va prévenir le yogi Dhirendra Bramachari  de notre arrivée.

Nous patientons en silence dans cette pièce délicieusement fraîche, ordonné, meublé presque luxueusement. Tout est propre, net : une bibliothèque regorge de livres. Je n’ai pas le loisir d’examiner les lieux avec plus d’attention, car voici le Yogi Dhirendra Bramachari qui entre. 

Apparition que je n’oublierai jamais. Très grand, près de 2 m, une barbe et des cheveux d’un noir intense, des yeux brun foncé, pétillants d’intelligence, avec en plus une profondeur et un calme communicatif. De ses yeux, comme de toute sa personne, émane un charme magnétique : une impression de puissance  contrôler, comme si je me trouver en présence d’un félin, moins la cruauté. Il est drapé dans une mousseline d’une blancheur extraordinaire, transparente. La photo de la couverture le représente telle que je l’ai vu. Relaxé, souriant, puissant. C’est vraiment un authentique Yogi . Il n’est pas étonnant que Monsieur Nehru en ait fait son professeur de yoga particulier. 

Mon ami Saberwal s’adresse à lui en hindi. Mais bientôt nous conversons sans intermédiaire, car Dhirendra Bramachari parle un excellent anglais. La conversation devient vite technique. Au fur et a mesure qu’il parle, je me sent de plus en plus conquis par le charme de cette personnalité exceptionnelle. Il me fait part de ses projets : visiter les USA. Constituer un teachers training Center,  à Jammu, au pied de l’Himalaya, car son véritable ashram est au Cachemire. Il évoque son maître. À la réserve assez naturelle d’un yogi vis-à-vis d’un occidental, succède un climat confiant, amical, grâce a la force du yoga qui supprime les barrières de race, religion, castes et autres obstacles pouvant séparer des êtres humains. Voici comment Dhirendra Bramachari envisage le yoga et sa diffusion : « le yoga discipline le corps et le mental. Il n’est pas réservé un petit cercle ésotérique. Sa pratique n’implique pas de devenir un reclus dans la montagne. Elle est destinée à l’homme normal, mais non une existence normal, qu’elle se que ce soit sa profession, sa classe, sa caste, sa religion, sa nationalité, son âge ou son sexe . Il n’y a rien de mystérieux dans le yoga. Ce n’est pas un jeu de croyances et de pratiques religieuses. Il ne prétend pas expliquer la signification ultime de la vie. Son but est de développer, par étapes graduelles, une qualité de l’esprit qui le rend capable de percevoir la réalité et d’acquérir la connaissance de soi, par un fonctionnement sain du mental et de l’émotivité. Le yoga affirme qu’un corps sain est absolument essentiel pour pollution mentale et spirituel »

La question se pose souvent : ce système est-il scientifique ? Les anciens Rishis qui l’ont développés n’avaient pas de laboratoires à leur disposition, mais aux effets qu’apporte la pratique du yoga il est évident qu’ils étaient bien conscient des fonctions vitales du corps humain. 

Les exercices fortifient non seulement les muscles, ce que tous les systèmes de gymnastique sont à même de faire, mais il renforcent le squelette et affectent les organes, notamment les systèmes digestif, endocrinien et nerveux. Pranayama ou le contrôle du souffle, occupe une place très importante parmi eux. D’après la science du yoga, à côté du corps physique il y a un corps subtil, et le jeu complet des exercices Yogique, Asanas, Pranayama, donne un contrôle absolu sur les deux, ce qui est une condition essentielle pour le développement spirituel.

Ces exercices peuvent prévenir certains maux et y remédier, mais s’ils sont encore plus précieux en nous donnant une santé positive sous la forme d’une énergie augmentée et d’un bien-être tel qu’aucun autre système n’est à même de nous procurer. 

Je suis invité, dès le lendemain, à participer à la séance de yoga de 5h30 du matin. Nous regrettons de n’avoir pas été mis en rapport mutuellement dès mon arrivée à Delhi. 

Nous nous quittons amis, et j’attends avec curiosité le matin suivant.

5h du matin…

L’hôtel Claridge est encore plonger dans le sommeil lorsque je demande un taxi pour me conduire au yogashram. Dans Delhi enténébrées, sous un ciel qui pâlit, la voiture roule en silence sur l’asphalte. Quelques minutes et nous voici au yogashram. 

Le temps de me débarrasser de mes vêtements, et me voilà prêt à participer à la séance de yoga, qui a lieu en plein air comme il se doit, dans le jardin. Dans un coin retiré, deux énormes chaudrons sous lesquels des bûches achèvent de se consumer, m’intriguent. Je connaitrai très bientôt leur utilité.

Dhirendra Bramachari est là, toujours drapé dans sa mousseline blanche et vaporeuse, souriant, toujours aussi maître de lui, irradiant de puissance. Un jeune yogi me tend un grand verre et m’invite à le laver à l’eau savonneuse. Puis, comme les autres, je m’accroupie et commence à boire l’eau chaude provenant des chaudron en question. Un verre…deux…trois…quatre…cinq… 

Cela doit faire environ 1,5 l que j’ai déjà absorbé : je sens l’estomac gonflé comme l’outre en peau de chèvre de l’arroseur du palais d’Amber . Après un vigoureux Uddyiana Bandha qui secoue l’eau dans l’estomac, je me rends vers un muret, au de 75 cm, et, comme mon voisin, une main appuyer au creux de l’estomac, trois doigts de l’autre main s’enfonçant dans la gorge et voilà un premier jet d’eau que je vomis . L’eau est écumeuse et jaunâtre. Chacun vomit consciencieusement le contenu de son estomac.

Cette opération, appeler Vamana dhauti, est plus terrible à décrire qu’à pratiquer. Ce nettoyage de l’estomac est imposé quotidiennement pendant 45 jours aux novices. Puis, tous les deux jours et ainsi de suite jusqu’au rythme d’un lavage par semaine. Ensuite, il y à le lavage des dents, dantar dhauti à l’aide des doigts à la manière indienne, comprenant un vigoureux massage des gencives.

La langue aussi est nettoyé.

Après cela vient la douche nasale au moyen d’un récipient spécial ressemblant fort à une théière dont l’embout serait rectiligne au lieu d’être incurvé, et terminé par un cône qui s’introduit dans la narine. L’eau entre par cette narine et sort par l’autre, le nez faisant office de siphon.

Cela ne suffit pas encore. Un instructeur m’indique comment passer dans le nez la traditionnelle corde, partiellement enduit de cire, pour la faire sortir par la bouche. 

Pendant ce temps j’observe un yogi assis en lotus qui avale lentement sa bande de 5 m de mousseline pour se nettoyer l’estomac à fond. Je ne devrais pas exécuter Basti qui consiste à aspirer l’eau par l’anus et à le rejeter ensuite, pour se nettoyer l’intestin. Cette exercice, qui m’est familier depuis longtemps, n’est pratiqué à l’Asrhram qu’une fois par semaine, l’instructeur se rendant alors au fleuve avec les aspirant, c’est le cas de le dire ! 

Ce n’est qu’après une purification totale du corps que commence véritablement la séance de Hatha yoga. Pour une dizaine de disciples, trois instructeurs !

Un vieux yogi, à barbe grise, le visage empreints de douceur, dirige la séance. 

Ai-je le droit de l’appeler vieux alors qu’il se tient assis parfaitement droit, qu’il respire la santé, voir même la juvénilité ? Pas une seule ride ! Je préfère le qualifier d’anciens. Sur une estrade a pris place le jeune yogi qui, tout à l’heure, en Padmasana, avaler sa mousseline. L’ancien donne l’ordre d’un premier exercice de mise en train que le yogi sur l’estrade exécute devant les aspirant qui l’imitent. Quel beau corps, musclé mais sans excès, souple et forts. Beaucoup de ces exercices de mise en train sont neufs pour moi, car dans chaque ashram, la façon de travailler diffère. Une troisième personne vient à mes côtés pour me donner les instructions complémentaires en anglais, car l’ancien donne ses ordres en hindi. L’organisation de ces séances est remarquable. Les exercices de mise en train s’étendant sur trois quarts d’heure, nauli et certains exercices respiratoires inclus comprennent la salutation au soleil dans sa variante la plus poussée.

Entre-temps, l’aube s’est déjà levée, les premiers rayons de soleil rasent la cime des palmiers. Viennent et les Asanas . Ici je suis tout à fait a l’aise, étant en parfaite forme. Je n’ai pu m’empêcher de venir à l’ashram même le dernier jour de séjour en Inde, et de continuer les Asanas jusqu’à la dernière minute. Lorsque j’ai voulu régler ma dette, il me fut répondu que l’ashram étant subventionné par le gouvernement, l’initiation est entièrement gratuit.

 J’ai insisté pour pouvoir apporter une contribution volontaire à l’entretien de l’ashram : tout argent fut poliment mais fermement refusé. 

Je viens de vous écrire comment les cours se passent au yogashram et l’excellence des instructeurs et de l’organisation. Or, les deux Delhi, l’ancienne et la nouvelle, totalisent ensemble 2 millions d’habitants, et je vous ai dit qu’il y avait en tout et pour tout une dizaine de personnes en cours ! 

D’ici peu d’heures, le Boeing d’Air India m’emportera vers l’Occident. Je n’ai pas dis Adieu au Vishwayatan Yogashram , mais au revoir .

Dhirendra Bramachari, retenez ce nom, car, fort de l’appui gouvernemental, il est bien placé pour faire revivre le yoga non seulement dans sa patrie, mais en dehors de ses frontières et il attaque le problème à la base : former des professeurs de qualité et en nombre suffisant.

André VAN LYSEBETH

POUR EN SAVOIR PLUS

 

Sandra

Professeur de Yoga & Rédactrice de BiscaYoga.fr

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