Qu’est ce que le pranayama ? ( A la lumière des textes )

 

Le Pranayama

Le pranayama est le quatrième membre du Yoga. C’est la discipline du souffle au travers de la connaissance et le contrôle du prana, l’énergie vitale universelle

«  La régulation du souffle est l’interruption des phases d’inspiration et d’expiration …
Les phases d’expiration, d’inspiration, de suspension, se régulent par l’observation de l’espace, du temps et du nombre : le souffle est alors long et subtil.. »

Yoga Sutra de Patanjali II.49, 50, 51

L’expression praṇayama se traduit littéralement ainsi :

« rétention du souffle de la respiration ».

Les pranayamas sont des purificateurs du corps

« C’est le vent qu’on appelle souffle. Dans le souffle est ce qui fut et ce qui sera, dans le souffle toutes choses ont leur assise ». Atharva Veda Samhita 11. 4.15
« La pratique du prânâyâma débarrasse les kosa de toute impureté. Lorsqu’îls sont purifiés, le corps tout entier est débarrassé de ses impuretés. Pour ceux qui pratiquent le yoga, une alimentation correcte purifie même les indriya ».

Yogaharasya, prakaranâdhyâyah,verset 44.

Le but du prânâyâma  est de contrôler l’énergie vitale, le prana ,  qui alimente le corps mais aussi la conscience qui dirige les sens.

« Lorsque le mental est sous contrôle, apparaissent le bonheur et la paix. Tout objectif est atteint sans peine. Pour ceux dont le mental est perturbé par les objets des sens, la pratique du prânâyâma est le meilleur remède ».

Yogaharasya, prakaranâdhyâyah. verset 46.

 

LE PRANAYAMA (SELON LA BHAGAVAD GITA)

«Apane juhvati pranam pranepanam tathapare. Pranapanagatee ruddhva pranayamaparayanah » (Bhagavad Gita, IV-29) –

Certains offrent le prana (air expiré) dans l’apana (air inspiré) et l’apana dans le prana, en diminuant le passage du prana et de l’apana. Le pranayama est un sacrifice recherché (yajna). Certains pratiquent une sorte de pranayama que l’on appelle puraka (inspiration pleine), d’autres, un pranayama que l’on appelle rechaka (expiration pleine), d’autres encore pratiquent le pranayama appelé kumbhaka : ils ralentissent le passage de l’air dans les narines et la bouche à l’inspiration et à l’expiration.

LE PRANAYAMA (SELON SRI SANKARACHARYA)

« Le pranayama est le contrôle de toutes les énergies vitales, en comprenant que Brahman seul existe en toutes choses comme, par exemple, le mental, etc.
« La négation de l’univers est l’expiration. La pensée : « Je suis Brahman » est appelée inspiration.
Lorsque cette pensée devient permanente, le souffle diminue. Ceci est le pranayama pratiqué par le sage tandis que celui dans lequel on se pince les narines, est réservé aux ignorants » (Aparokshanubhuti, 118-12O).

Le pranayama est le contrôle du prana

et des forces vitales du corps. C’est la régulation du souffle : l’étape la plus importante.

Le pranayama commence par la régulation du souffle afin de pouvoir contrôler les courants vitaux ou forces vitales circulant dans le corps. En d’autres termes, le pranayama est le contrôle parfait des courants vitaux le contrôle de la respiration. Le souffle est une manifestation externe du prana grossier. On doit prendre l’habitude de respirer correctement en pratiquant le pranayama de façon régulière.
Si vous contrôlez le prana, vous pouvez contrôler complètement les forces de l’univers : mentales et physiques. Le yogi peut aussi contrôler l’omniprésente puissance dont sont issues toutes les énergies, que ce soit magnétisme, électricité, gravitation, cohésion, courants nerveux, forces vitales ou vibrations de la pensée… C’est-à-dire toutes les forces de l’univers, sans exception, physiques et mentales.

Celui qui contrôle le souffle ou le prana, contrôle aussi son mental. Celui qui est parvenu à contrôler son mental, contrôle aussi son souffle.

Si l’un des deux est bloqué, l’autre aussi se bloque. Si le mental et le prana sont contrôlés, l’adepte se libère de la roue des naissances et des morts. Il atteint l’immortalité. Il existe un lien intime entre le mental, le prana et la semence. Celui qui contrôle son énergie sexuelle, contrôle aussi son mental et son prana. Celui qui a réussi à contrôler son énergie sexuelle aura contrôlé son mental et son prana.

L’adepte qui pratique le pranayama, aura bon appétit. Il sera d’humeur joyeuse. Il aura une silhouette agréable, de la force, du courage, de l’enthousiasme, une santé au-dessus de la moyenne, de la vigueur, de la vitalité et une excellente concentration du mental. Le pranayama convient aussi très bien aux Occidentaux.

Un yogi ne mesure pas la durée de sa vie en nombre d’années mais en nombre de respirations. Vous pouvez accumuler un certain potentiel d’énergie ou de prana, contenu dans l’air, avec chaque respiration. La capacité vitale est la plus grande quantité d’air qu’un homme puisse inspirer après la plus profonde expiration. Un homme respire quinze fois par minute, ce qui correspond à vingt et une mille six cents fois par jour.

Les effets thérapeutiques du prânâyâma :

Le fait de ralentir l’inspiration et l’expiration possède de tres nombreux avantages . Nous les verrons en détail dans les chapitres suivants :

Meilleure oxygénation

Ralentit le rytme cardiaque

Facilite la digestion

Abaisse la pression sanguine

Stimule le système nerveux

Renforce le sytème nerveux

Ameliore la capacité digestive

Au niveau énergétique et psychologique :

Il permet d’éveiller l’esprit et de développer la concentration.

Il purifie les nâdî (canaux subtils), éveille l’énergie des chakra (centres énergétiques primordiaux), unifie nos différents corps subtils et calme les agitations (Vritti) du mental.

C’est un des meilleurs outils pour réguler le dosha vata par son action directe sur le système nerveux.

Amelioration des états mentaux et émotionnels

A quoi servent les rétentions :

Les rétentions agissent sur le système nerveux autonome et donc sur l’inconscient .
Retenir le souffle n’est pas naturel et fait intervenir l’instinct de survie . Pour ne pas mourrir il faut respirer. Notre partie la plus inconsciente et la plus primitive est déplacé vers la conscience, entraînant dans son sillon notre peur la plus profonde : celle de mourrir . Avoir le contrôle sur l’arrêt du souffle , c’est apprendre à contrôler cette peur si profondément enfuie en nous depuis notre naissance, au moment de notre premier souffle . La rétention poumons vides est très intéressante à ce sujet .

Rétentions à plein = Antar Kumbaka

Déjà : vitalité accrue

Faisons taire la légende : plus je retiens mon souffle, plus j’absorbe d’oxygène . Ceci est faux . Pendant une rétention, une fois égalisé la pression des gaz des deux cotés ( membrane alvéolaire des poumons et courant sanguin ) la diffusion ( l’échange ) des gaz cesse et surtout le CO2 se met a augmenter alors que lO2 se met a diminuer !

L’effet recherché dans les Kumbaka est d’entrainer l’organisme à tolérer un niveau élevé de CO2.

Nous savons que c’est par l’effet du CO2 que l’envie d’inspirer se fait ressentir . C’est le système limbique ou cerveau émotionnel qui gère cette faculté toujours inconsciente . Or cette partie de l’encéphale donc responsable du geste respiratoire, joue également un rôle important dans les émotions comme la peur, la colère , l’agressivité, le plaisir …Agir sur l’envie de respirer c’est agir sur l’émotionnel . Contrôler l’envie de respirer , c’est prendre le controle de l’émotionnel .

Sandra

Professeur de Yoga & Rédactrice de BiscaYoga.fr

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